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PELERINAGE 2017


LA TENTE DES NATIONS 25 02 2017

rencontre avec Mahoud de la ferme ecologique



Au sud-ouest de Bethléem, environ à 7km- Autour 5 colonies [Le rapport de B’Tselem décrit les mécanismes par lesquels l’Etat a peu à peu étendu son contrôle en Cisjordanie : les principales méthodes sont la réquisition de certaines zones au nom des "besoins militaires", leur classement en "terres d’Etat" ou l’expropriation pour "besoins publics". Cette politique de colonisation systématique a été officiellement encouragée par des incitations financières et des avantages accordés aux colons encouragés à franchir la "ligne verte". La plupart des colonies profitent du statut de "zones de priorité nationale" qui leur donne droit à des aides au logement et à l’éducation.]

Cette ferme écologique se trouve en zone C après les accords d’Oslo, ce qui veut dire : totalement sous contrôle d’Israël. Nous, palestiniens nous ne contrôlons rien, ni terre, ni frontière, ni ressource. Le plus gros obstacle est la confiscation des terres. Les colonies s’étendent et certaines deviennent des villes autour des villes. Ils divisent les villages, ce qui rend impossible un état israélien. Notre famille est propriétaire depuis 100 ans. Le grand-père a été enregistré, nous avons des papiers des anglais jordaniens. Il a vécu à la ferme dans les grottes, mon père et mon oncle y ont grandi. Nous continuons le travail fait par le grand-père. En 1991 les militaires d’Israël ont déclaré la ferme d’état dans le but de confisquer la dernière colonie palestinienne pour la donner aux colonies israéliennes.

Nous avons porté en justice le fait de confiscation de nos terres. Le juge doit clore l’affaire. Nous sommes toujours en justice depuis 25 ans malgré que nous ayons tous les documents. 180 000 $ de justice mais nous sommes toujours ici et nous n’avons perdu aucune superficie de nos 42 hectares. Les colonies sont venues physiquement couper nos arbres, nous forcer à partir, construire des routes sur nos propriétés…nous avons réussi à les arrêter, ils nous ont détruits 250 oliviers mais 3 semaines après nous avons replanté des arbres sponsorisés par une association juive anglaise.

Il y 3 ans on nous a détruit 1500 arbres fruitiers avant la récolte mais nous avons relevé la tête et nous avons replanté des arbres, ce sont des juifs américains qui nous ont aidés.

Malgré toutes les pressions nous sommes toujours ici. Ils ont essayé d’acheter le terrain en nous faisant un chèque en blanc. Nous ne pouvons pas vendre ce que nous avons hérité. Ils nous isolent de plus en plus. Hier soir l’armée a rendu les choses encore plus difficiles, ils ont défoncé la clôture ainsi que la route de l’accès principal. Il y a un autre accès mais beaucoup plus long. Ils construisent tout près une école religieuse pour les colons juifs. La religion est utilisée à des fins politiques, nous avons peur que ce soit des colons radicaux qui nous attaquent.

Le mur n’est pas construit entre les Israéliens et les Cisjordaniens mais il sépare les palestiniens et les palestiniens. Quand le mur sera fini, nous serons en Israël. Ici nous avons des restrictions, pas le droit de construire, 22 ordres de démolition, pas le droit d’eau courante, pas d’électricité. On sent qu’il n’y a aucun espoir pour le futur. Plusieurs solutions : 1/ la violence- la violence engendre la violence- Cela ne nous satisfait pas. 2/ Se résigner et être des victimes, ce n’est pas la bonne solution. 3/ Pourquoi ne pas partir ? ce n’est pas non plus la solution. Un autre moyen de résister :la NON VIOLENCE. Quand vous parlez non-violence c’est que vous croyez en ce que vous faites. Nous devons d’abord croire en ce que nous faisons. Nos principes :
  Refus d’être victime
  Refus de haïr (difficile). Dans chaque être humain il y a le bien et le mal. Nous acceptons le bien. Nous voulons nous lever pour défendre nos droits. Notre foi chrétienne est la base de la non- violence. Nous croyons en la justice.  Nous nous donnons les moyens de rester debout et nous avons commencé à croire en nous-même, que nous pouvons faire quelque chose quel que soit la situation.  Nous refusons d’ETRE ENNEMI, c’est une façon de résister non-violente.  Nous avons commencé à établir la tente des nations ; nous avons ouvert la ferme pour que les gens voient. VOUS ÊTES NOS AMBASSADEURS de la peur et de l’injustice. Nous faisons l’électricité avec des panneaux solaires. Nous récupérons l’eau de pluie (nous ne pouvons pas construire au-dessus… nous construisons au-dessous !) Nous récupérons l’eau usée. Bientôt nous installerons du biogaz.  Nous avons invité des gens ici et nous les renvoyons avec un message d’espoir pour que les gens voient que même dans une situation difficile on peut faire quelque chose. Tout le monde a des challenges : que ferons-nous avec nos problèmes ? Nous avons besoin de leur faire face de manière différente mais ne vous asseyez pas, LEVEZ-VOUS et faites quelque chose. Nous faisons la plantation d’arbres, nous vous invitons à nous sponsoriser. Nous plantons un arbre : nous croyons dans le futur et nous permettons à la paix de grandir. Nous avons des camps d’été pour les enfants durant 2 semaines. Nous voulons que les enfants découvrent leur talent pour se recentrer sur ce qui est positif. Nous avons un projet pour les femmes, pour donner aux femmes du village la possibilité d’éducation. Nous recevons des volontaires internationaux. Cette présence est très importante, plus on sera nombreux et mieux ce sera !

Un jour on créera une école, centrée sur le recyclage et les énergies durables. Les enfants n’apprennent pas ça à l’école. C’est difficile parce que nous avons des ordres de démolition mais nous avons beaucoup d’ambition et c’est avec de petites marches que nous voulons continuer avec la foi, la justice et l’espoir.